la parole a ...

Mercredi 3 juin 2009 3 03 /06 /Juin /2009 09:30

Le rejet de l’actuel eurocapitalisme est très majoritaire dans toute l’Europe. Il doit pouvoir s’exprimer dans le vote Front de gauche, dimanche prochain.

Par Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité.

 

Ceux qui, à l’instar de M. Sarkozy, appellent, quelques jours avant le scrutin européen, à « une Europe qui protège » trompent sciemment tous les citoyens. Il est en effet tout simplement impossible d’être protégés avec le traité de Lisbonne qui prône « un marché ouvert où la concurrence est libre ». L’euro est géré par la Banque centrale européenne qui en fait une monnaie de spéculation surévaluée au point qu’elle pousse aux délocalisations d’entreprises dans les zones dollar. Ceci ne cesse de détruire des emplois et des entreprises. Ce sont ces mensonges permanents qui dégoûtent nos concitoyens.

Le rejet de l’actuel eurocapitalisme est très majoritaire dans toute l’Europe. Il doit pouvoir s’exprimer dans le vote Front de gauche, dimanche prochain. Les aspirations unitaires d’une gauche transformatrice, les urgences sociales, écologiques, féministes, l’urgence d’une Europe commune des peuples, l’urgence d’une Europe solidaire ne sont aujourd’hui portées que par une seule force : le Front de gauche.

Seule initiative totalement nouvelle, innovante, unitaire, elle est au service de chacune et de chacun pour faire sauter les verrous de l’impuissance ou ceux des ultralibéraux ou des sociaux-libéraux européens qui aujourd’hui méprisent et étouffent la voix des peuples.

L’utilisation du vote Front de gauche est d’autant plus utile, efficace, impérieuse même, quand on sait qu’il se prépare, pour les lendemains du 7 juin, sur injonction des autorités européennes, des décisions extrêmement négatives, accentuant encore le cours régressif, antisocial, antidémocratique des politiques actuelles.

Ces projets sont cachés au peuple. C’est ce qui explique d’ailleurs le refus d’organiser de vrais débats contradictoires dans les radios et les télévisions. C’est ce qui explique le black-out envers les têtes de liste du Front de gauche. Prenons quelques exemples inquiétants.

La Commission européenne, elle-même, prévoit 9 millions de salariés supplémentaires au chômage dans l’Union européenne, dans les mois à venir. C’est dire si elle croit beaucoup à cette Europe prétendument protectrice !

Pour combler les déficits creusés par les cadeaux fiscaux aux plus riches et les milliards d’euros déversés sans contrôle dans le système bancaire, il se discute, en ce moment même, dans des conseils interministériels à l’Élysée, l’idée d’imposer une nouvelle vignette automobile et des augmentations de TVA pour se mettre en conformité avec une recommandation du Conseil européen au gouvernement français daté du 28 avril dernier dans laquelle on peut lire : « Des efforts supplémentaires sont nécessaires pour améliorer l’assainissement budgétaire. » Ce document, que le pouvoir et sa presse gardent bien secret, demande aussi de respecter scrupuleusement « l’objectif d’encadrement des coûts, annoncé par le gouvernement, à savoir une croissance zéro en volume des dépenses publiques ».

C’est au nom de cela que sera accélérée encore la diminution du nombre de salariés à l’hôpital, à l’école et à l’université, dans les transports publics et dans tous les secteurs publics. C’est en quelque sorte la RGPP au carré.

Au nom de cette orientation, il est envisagé de diminuer la retraite des mères de famille, de réduire encore les moyens pour la recherche, d’opérer de nouvelles hausses de tarifs publics, d’étrangler encore plus les collectivités locales et de procéder à de nouvelles privatisations, dont celle de La Poste, vraisemblablement à l’automne prochain.

Sans retenir aucune leçon des drames provoqués par la libéralisation du transport au Royaume-Uni, et l’accident de train entre Paris et Bordeaux qui aurait pu être dramatique, la semaine dernière, où un train privé a touché deux trains de la SNCF, ce document européen appelle instamment à « renforcer la concurrence dans l’énergie, dans le fret ferroviaire ainsi que dans les professions réglementées ».

La recommandation bruxelloise appelle à faire exploser totalement le Code du travail, à supprimer le contrat de travail à durée indéterminée. Elle enjoint, en effet, de créer « le cadre d’une stratégie intégrée en matière de flexicurité, pour adapter (l’emploi…) aux besoins du marché du travail ». Une première traduction législative est en cours avec la loi en discussion sur la création de sociétés de prêts de main-d’oeuvre comme au plus beau temps de l’esclavage. La diversité culturelle et l’exception culturelle sont plus menacées que jamais avec l’intégration de la création culturelle dans les accords commerciaux de l’Organisation mondiale du commerce, à l’opposé de la convention de l’UNESCO sur la diversité culturelle.

Et les agriculteurs risquent demain de subir les effets désastreux du démantèlement total de la politique agricole commune. La crise du lait n’en est qu’un prémisse. Elle est le résultat de la libéralisation totale des quotas laitiers et l’alignement des prix sur les cours mondiaux, décidés sous la présidence française Sarkozy-Barnier de l’Union européenne.

Voilà ce qui est caché à nos concitoyens et aux peuples européens.

Il faut donc, dans les prochains jours, démasquer tous ceux qui font profession d’expliquer que l’Europe ultralibérale serait éloignée des citoyens. Elle est si proche, si dure et si violente qu’elle aggravera encore la vie de chacune et de chacun, attaquera plus nos services publics,détruira de plus en plus le travail,réduira les moyens pour le développement des capacités humaines comme pour l’éducation, la santé la culture, la recherche ou les moyens dont disposent les communes.

Ajoutons que ceux qui crient si fort sur les estrades et les plateaux de télévision, sans contradicteur véritable, « Europe, Europe, Europe », cachent qu’ils tentent en fait de construire non pas une Europe des peuples européens, mais une Europe américaine avec le vote qui s’est tenu au Parlement européen, le 26 mars dernier, tous groupes confondus à la seule exception de la Gauche unitaire européenne, présidée par Francis Wurtz. Ce vote portait sur la création d’un projet baptisé « Marché transatlantique intégré » qui prévoit une harmonisation progressive des réglementations et la reconnaissance mutuelle des règles en vigueur des deux côtés de l’Atlantique. Autrement dit, le traité de Lisbonne est le faux nez pour faire appliquer le droit américain à tous les citoyens européens.

Il y a donc danger pour l’après-7 juin. Ne laissons pas faire ! Au-delà de leurs opinions, de leurs votes antérieurs, de leurs réflexions pour d’autres élections à venir, tous les progressistes ont intérêt à s’unir par-delà leurs différences, avec le Front unitaire de la gauche. Ce sera le seul moyen efficace, utile pour empêcher ces mauvais coups en préparation, puisque nombre de ces projets ont été approuvés par l’ensemble des forces politiques dans l’enceinte du Parlement européen, du Conseil européen ou de la Commission européenne elle-même.

L’utilisation du vote pour le Front unitaire de la gauche permettra de construire un nouveau rapport de forces avec des élus qui disent ce qu’ils font et font ce qu’ils disent. Mieux, ils se placeront sous le contrôle permanent des salariés, des jeunes et de tous les citoyens.

Dimanche prochain, c’est donc l’occasion de refuser sans ambiguïté les coups qui se préparent contre nos vies. C’est aussi le moyen de donner à l’Europe un sens nouveau, afin de porter au fronton de l’Europe des peuples un nouveau contrat social, solidaire,écologique et de paix.

L'Humanité.

Publié dans : la parole a ... - Communauté : Parlons politique
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 25 mai 2009 1 25 /05 /Mai /2009 16:23
Il est un lieu de la République qui défie toute exploration, tout décryptage, qui conserve tous ses mystères, à travers les mois qui passent, c'est le cerveau de Xavier Darcos, ministre de l'Education. Dans quelle rubrique classer le nouveau fumigène de Darcos, proposant devant les parents d'élèves d'autoriser les conseillers d'éducation à fouiller les cartables des écoliers, pour y dénicher des armes ? Il parait que Darcos s'ennuie, et souhaite quitter son poste. Est-ce une manière d'obliger Sarkozy à l'exfiltrer du ministère, et à lui proposer une autre affectation ? Mystère.

Eût-il parlé, par exemple, de sacs à dos, la proposition aurait sonné différemment. Mais les "cartables" des bouts de choux ! D'autant que la proposition tombe en même temps que l'interpellation par la police de deux enfants de six et dix ans, soupçonnés (à tort) de vol de vélos, et qui a fait l'ouverture des 20 Heures du pont de l'Ascension. Darcos n'y est pour rien, mais le mélange de ces représentations aboutira sans doute à dissiper la fumée de ce fumigène, sans doute plus rapidement encore que les autres.

Les deux nouvelles, conjuguées, dessinent un paysage. Dans ce paysage, un nouvel ennemi public : l'enfant. L'enfant voleur de vélos, et au cartable lourd de menaces. Darcos, comme les autres ministres, disposant certainement d'une batterie de sondages circonstanciés effectués par d'éminents spécialistes, il faut conclure qu'il doit y avoir un public, demandeur de cette représentation-là. Un public qui accueille favorablement la proposition (enterrée depuis) d'incarcération à partir de douze ans. Un public qui envisage favorablement la recherche des armes au milieu des taille-crayons. Il doit y avoir une France qui souhaite ça, une France qui ne parle pas à la radio, ni à la télé. Mais qui vote, ce qui explique bien des choses.

http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=1977


Publié dans : la parole a ...
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 3 mai 2009 7 03 /05 /Mai /2009 09:08

Ci dessous la déclaration de l'AME du 1er Mai.

******************************************************

Le travail est l’exercice par lequel l’être humain se valorise socialement par le bénéfice des fruits de son labeur. La justice et la responsabilité humaine passent nécessairement par une rémunération équitable de l’effort de chacun selon ses compétences et ses acquis sociaux.

Nous avons tous droit à la dignité et la considération que procure un travail décent. En immigrant dans d’autres pays nous explorons des opportunités nouvelles en réponse aux difficultés économiques et structurelles dans nos pays d’origine. C’est notre force de travail que nous allons offrir pour espérer avoir en bénéfices des lendemains meilleurs. Du travail au noir en passant par les multiples intérims, des CDD renouvelés aux CDI dont la plupart sont signataires et sur lesquels les patrons ferment les yeux nous produisons une plus value dans les pays d’accueil par le paiement des impôts, taxes et cotisations sociales sans pouvoir bénéficier des droits et des prestations qui y sont attachés (retraite, allocation chômage, logement social, services publics, citoyenneté...). L’Etat français encaisse ainsi environ 2 milliards d’euros par an sans jamais rien décaisser. Nous parlons de spoliations car ce système touche la grande majorité des 400.000 sans papiers de France qui sont travailleurs déclarés ou reconnus et qui quotidiennement sont brutalisés et injustement arrêtés, détenus et expulsés vers un pays d’origine d’où ils étaient absents pendant de longues années- entre 7 et 22 ans.  Ces personnes arrivent involontairement sans un sou et sans accompagnement idoine après avoir été des acteurs incontournables du développement économique et social car l’argent envoyé dans les pays d’origine par les immigrés avec ou sans papiers représente trois fois l’aide financière des gouvernements des pays riches. Quid de leurs droits sociaux tapis dans les caisses de la sécurité sociale du pays expulseur. Des intérêts colossaux pour les uns, des manques à gagner et la survie pour les autres. Quel destin ? Travailler et laisser ses acquis à d’autres.

Nous dénonçons cette politique illogique qui tend à passer sous silence le racket organisé par les pays d’accueil qui spolient ainsi la partie essentielle des fruits du travail des autres. Les droits et acquis sociaux des travailleurs immigrés ne doivent et ne peuvent pas passer par pertes et profits dans la balance des négociations opaques pendant que des milliers de vie sont brisées et affaiblies ici et labas. Que deviennent la femme et les enfants des travailleurs sans papiers expulsés quotidiennement de la France ? A quoi servent les cotisations sociales des travailleurs immigrés sans papiers encaissées par la France depuis plus de 30 ans qu’on s’en souvient ? Car l’Etat français a toujours su que c’est l’argent des immigrés clandestins qu’il encaisse, sans compte rendu ni autre contrôle.

Aujourd’hui 1er Mai ; jour anniversaire de la dignité humaine par le travail nous interpellons les gouvernements sub sahariens et Magrébins à travers leurs Ambassades et Consulats à ne pas se rendre complices historiques d’un Système Vampire sur les acquis de droits des travailleurs immigrés sans papiers en facilitant la délivrance des laisser- passer. Nous demandons à nos gouvernants de se souvenir de tous ces malheureux qui souffrent du dénuement ou de l’indifférence alors qu’ils ont travaillé et cotisé pour des vieux jours. Nous exigeons sans conditions un moratoire sur les expulsions afin de permettre un calcul compensatoire des droits sociaux pour tous les travailleurs immigrés sans papiers expulsés ; car si on expulse un travailleur il faut également expulser ses droits sociaux.

Bamako le 1er Mai 2009.

Ousmane Diarra

Président de l'AME

Publié dans : la parole a ... - Communauté : Parlons politique
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 26 avril 2009 7 26 /04 /Avr /2009 17:05

Le plan d’urgence annoncé par Nicolas Sarkozy est une fois de plus un simple coup de communication politique ! Pour les jeunes communistes, sous prétexte de s’occuper d’agir contre les conséquences catastrophiques de la crise sur la vie des jeunes, Sarkozy sert avant tout l’intérêt des entreprises ! Contrats de professionnalisation, stage en alternance, rémunération des stages au bout de deux mois… Développer la formation des jeunes pourrait être en soit une bonne chose.

Or, ici la droite s’aligne uniquement sur les besoins des entreprises. Dans le même temps elle supprime des milliers de postes dans l’Education Nationale et livre les universités au privé ! Alors que nous savons que la meilleure arme sur le marché de l’emploi reste le niveau du diplôme et la qualité de la formation initiale !

De plus, rien n’est prévu pour encadrer la rémunération des stages dans le code du travail !

Enfin, ces mesures s’accompagnent d’exonérations de cotisations sociales pour les entreprises. Pratiquées depuis 30 ans, force est de constater que ces exonérations sont inefficaces pour lutter contre le chômage des jeunes qui culmine à 22%. En plus cela assèche le financement de notre protection sociale !

Ce plan pour la jeunesse ne prévoit rien non plus sur l’accès au logement des jeunes, l’accès à la santé... alors que la aussi nous sommes les premières victimes de la crise. Nous ne voulons pas de placebos supplémentaires à l’emploi stable et sécurisé !

Trop de jeunes n’ont plus aucunes perspectives d’avenir, noyés dans la misère et la précarité, avec des parents exploités pour des salaires de misère.

A l’opposé des « mesurettes » qui ne répondent qu’aux intérêts des entreprises et nous enferment dans la précarité, nous voulons sécuriser les parcours de vie des jeunes par la mise en place d’une allocation d’autonomie, pour tous les jeunes en formation, à la recherche d’un premier emploi ou en retour en formation, accompagné d’un système de nouveaux droit garantissant l’accès au logement, à la santé, à la culture…

Plus largement il faut aller vers la mise en place d’une sécurité d’emploi et de formation tout au long de la vie pour sécuriser les parcours de vie et abolir le chômage et la précarité.

Évidemment, un plan massif de soutien à l’emploi et à l’autonomie des jeunes, exige de réorienter la production et la répartition des richesses vers la satisfaction des besoins humains et non vers les poches des grands patrons et actionnaires. Et là, la droite a choisie son camps, elle reste arque bouté sur ses dogmes.

Les jeunes communistes appellent l’ensemble des jeunes à participer massivement à la mobilisation sociale du premier mai pour faire entendre leur voie !

le site des jeunes communistes

Publié dans : la parole a ... - Communauté : Parlons politique
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 23 avril 2009 4 23 /04 /Avr /2009 09:30

Retour de Palestine, devenue véritable bantoustan.

Par Patrick Le Hyaric, Directeur de l’Humanité.

Imaginez : des militaires haineux pénètrent chez vous par la force. Ils vous expulsent. Puis détruisent votre maison. Ils s’emparent de votre terre. Imaginez, chaque jour, votre ville, votre quartier réduit de plus en plus à la portion congrue par un État étranger qui annexe. Et installe dans ce qui hier était encore la maison de vos voisins, le quartier de vos amis, ses colons. Partout dans le pays, l’inique processus de colonisation s’accroît ainsi sans limite et dans l’illégalité la plus totale. Jusqu’à vous cerner, vous emprisonner dans ce qu’il faut bien appeler un bantoustan.

Imaginez : chaque matin, pour vous rendre à votre travail, chaque soir pour en revenir. Quand vos enfants vont à l’école, et quand ils en reviennent. Dans votre propre pays, une frontière à franchir. Le cliquetis glacial d’un tourniquet. Vos vêtements, vos affaires passées aux rayons X des détecteurs de métaux ou d’explosifs. Votre pays et pourtant, un laissez-passer à présenter. Et puis les insultes et les quolibets proférés par les jeunes soldats d’une armée d’occupation.

Imaginez que l’État qui occupe, qui annexe votre terre, construise de larges routes modernes à travers votre pays, au service exclusif des colons qui peuplent les villes construites pour eux, quand vous devez vous contenter de chemins goudronnés ou en terre, où le croisement du moindre véhicule est dangereux. Imaginez que dans votre pays, votre ville, votre jardin, au milieu de votre maison, l’État occupant construise un mur de séparation : séparation avec les habitants de cet autre État, mais aussi avec votre famille.

Imaginez : vous vous mariez avec une personne habitant Lyon, Marseille, Tulle ou Lorient. Mais comme vous résidez en Seine-Saint-Denis, on vous interdit de vivre avec votre amour et vos enfants. Non, je n’exagère pas ! Non, ce n’est pas un cauchemar. Car ceux dont je parle ici le vivent au quotidien. Nous l’avons hélas vérifié, avec effroi, à nouveau la semaine dernière, avec une délégation d’une centaine d’élus et d’acteurs sociaux, citoyens et culturels d’opinion diverses.

Où ? En Palestine. Oui. Par-delà nos opinions religieuses, politiques et philosophiques, discutons raisonnablement, sans haine, et constatons ce fait : une autre guerre, silencieuse est menée contre le peuple palestinien. Une guerre qui consiste à coloniser, à annexer des terres, à mener à Jérusalem ce qu’on ne peut qualifier que d’épuration ethnique. Jérusalem, cette si belle ville, historique, culturelle, carrefour des religions, à l’intérieur de laquelle sont détruites les maisons des Palestiniens selon une géographie minutieuse qui consiste à couper Jérusalem-Est en deux, à bien scinder la ville grâce à la construction désormais bien avancée d’un tramway. Et à installer et développer à la périphérie des colonies équivalentes à une ville moyenne de France qui enserrent Jérusalem, défigurée par ce mur hideux qui la traverse de part en part désormais.

Tout cela se fait chaque jour dans un silence aussi assourdissant qu’inquiétant, pour que le peuple palestinien n’existe plus. Tout est fait pour liquider l’idée même d’un État national palestinien. Pourtant toutes les règles internationales interdisent de toucher à Jérusalem. Le gouvernement israélien n’en tient aucun compte et personne n’y trouve rien à redire. Révoltant !

Quelle conscience humaine, quelle humanité peut continuer à accepter cela ? Ne nous y trompons pas ! Vivre ensemble, dans le même monde, faire humanité ensemble, implique de relancer le processus de paix et de faire cesser cette colonisation, cette annexion, cette militarisation de l’espace palestinien, cette politique qui ne peut porter d’autre nom que celui d’apartheid.

Le monde entier, ses dirigeants doivent bien comprendre que laisser les mains libres au gouvernement israélien ne fait que renforcer les extrémismes, et donc la guerre. Le Conseil de sécurité de l’ONU doit se saisir d’urgence du scandale de l’occupation et de la destruction des maisons et du mur de séparation, comme de l’enjeu de la souveraineté alimentaire et de l’accès à l’eau des Palestiniens.

On ne peut laisser seul le peuple palestinien grillagé, emmuré, colonisé, occupé, contrôlé par des miradors, à la merci des meutes de militaires et de policiers israéliens. On ne peut le laisser ainsi humilié, étouffé, réduit au silence, sans réagir ! C’est de la mobilisation internationale aux États-Unis, en Europe et ailleurs, de tous les peuples, de tous les humanistes que dépend maintenant la solution. L’Union européenne dispose d’un moyen de pression : suspendre immédiatement l’accord d’association avec l’État d’Israël tant que ses dirigeants ne reviennent pas à la table des négociations.

Quelles que soient nos opinions, nos préférences philosophiques on doit, tous ensemble, réclamer la simple application des résolutions de l’ONU. C’est la voie de la justice, de la sécurité, du droit, de la paix pour tout le monde. Le gouvernement israélien doit répondre de ses crimes à Gaza, cesser le blocus, la colonisation, ces affreux check-points et la destruction des maisons. Il doit abattre le mur, appliquer la résolution des Nations unies pour le droit au retour des réfugiés et restituer les biens volés aux familles palestiniennes. Il doit libérer les 11 000 prisonniers politiques palestiniens, à commencer par Marwan Barghouti. Et le président de la République française doit agir avec fermeté pour sortir le jeune Franco-Palestinien, Salah Hamouri, des geôles israéliennes où il croupit depuis 1 500 jours. Une solution juste et durable pour le peuple palestinien et israélien, c’est le retour aux frontières de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale, comme l’exige le droit international. Il y a urgence ! Il faut que le monde se bouge ! L’impunité ça suffit ! C’est le cri que nous ont lancé les populations palestiniennes, ses élus, les partis politiques, les responsables des camps de réfugiés. Nous le relayerons jusqu’à ce que justice soit enfin faite ! Rien n’est jamais irréversible. Les peuples unis ont toujours fait gagner la démocratie, la liberté, la paix, la souveraineté des peuples contre la barbarie. 

 

Publié dans : la parole a ...
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
 
Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés