Mercredi 4 février 2009
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« Ne payons pas leur crise !»
M. Nicolas Sarkozy ne pourra plus déclarer comme il l'a fait le 6 juillet dernier en bombant le torse que « désormais quand il y a une grève en
France, personne ne s'en aperçoit ».
Il doit prendre acte de l'immense protestation qui s'exprime dans tout le pays contre sa politique ultra-réactionnaire et celle du MEDEF. Près de 70% de nos
concitoyens ont soutenu ce mouvement.
Du plus petit village jusqu'à Paris, les salariés, les retraités, les privés d'emplois et les précaires, qu'ils soient du secteur public ou privé, des petites et
moyennes entreprises se sont fait entendre avec force. « Ce n'est pas à nous de payer leur crise » est sans doute la phrase la plus entendue dans les cortèges.
Les efforts, toujours pour les mêmes
Cette idée est devenue majoritaire dans le pays. Cela fait en effet des décennies qu'on demande au monde du travail, aux retraités, aux assurés sociaux de faire des
sacrifices prétendument pour que ça aille mieux demain. Or, ce que vit chaque famille populaire c'est qu'au bout des sacrifices, il y a encore des sacrifices pour le plus grand nombre. Par contre
des privilèges accrus pour une minorité et la crise qui ne cesse de s'aggraver. Les revenus du travail n'ont cessé d'être abaissés. Le nombre de pauvres augmente. Des centaines de milliers de
personnes n'ont pas accès à un logement décent. Un certain nombre d'entre eux meurent dans les bois et dans les rues en ce début du 21ème siècle.
La puissance exceptionnelle de ce 29 janvier en est l'illustration
Il faut remonter loin dans le temps pour retrouver une telle unité, une telle volonté d'être « tous ensemble ».
C'est aussi la première fois depuis des décennies qu'un tel mouvement a lieu à l'appel de tous les syndicats réunis sur la base d'une plate-forme revendicative
d'une grande qualité. Celle-ci montre, à juste titre, que c'est le progrès social, l'efficacité sociale qui seront génératrices d'efficacité économique et non l'inverse.
Au-delà d'un mouvement revendicatif bien justifié, ce mouvement est une véritable révolte contre un système indécent, injuste, irresponsable, allant à l'encontre de
l'intérêt général de la société et du monde et qui n'a cessé de favoriser les forces de l'argent. Sans trop exagérer, on peut dire qu'il constitue un mouvement contre le capitalisme mondialisé et
les gouvernants, le grand patronat, les banquiers qui le promotionnent.
Refonder le capitalisme ou l'aménager ne ferait que reproduire ce qui nous a conduits dans le mur.
Dans l'immédiat, il est indispensable de porter le débat sur l'utilisation des 420 milliards d'euros d'argent public que le pouvoir sarkozyste compte distribuer
aux banques et à quelques grandes entreprises. Cet argent doit servir non pas à consolider les profits des grandes entreprises et du secteur bancaire, mais à répondre aux urgences sociales.
Il doit servir à peser en faveur d'une augmentation du SMIC et des bas salaires, des prestations sociales et à une nouvelle utilisation du crédit de manière sélective, pour peser dans le sens du
maintien de l'emploi et du développement d'investissements utiles pour l'avenir.
Il faut maintenant arrêter toutes les fermetures de services publics envisagées et faire cesser le projet de suppression d'un emploi salarié sur deux des secteurs
publics. Dans toutes les régions et les départements, doivent être mis en place des dispositifs pluralistes de contrôle de l'argent public, de telle sorte qu'il serve bien l'emploi, l'activité
des PME et la vie des collectivités territoriales
Il en va de l'intérêt général. Il en va des atouts que notre pays doit se donner pour faire reculer la crise.
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Photos, vidéos et article de presse sur la manifestation
du 29 janvier