Jeudi 19 juin 2008
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Nous avons voulu nous adresser aux Montreuillois au lendemain du 18 juin date fondatrice s’il en est. Le 18 juin 1940, depuis le micro de la BBC à Londres, le général de Gaulle, qui venait de
rompre les ponts avec le gouvernement capitulard du maréchal Pétain appelait solennellement les Français à la résistance.
Cette action et ce message sont d’une importance capitale. Ils sont un symbole fondateur, honoré partout dans notre pays ; symboles de la résistance à l’oppression et à la dictature de la
barbarie nazie. Ils constituent un repère pour éclairer les luttes d’aujourd’hui et de demain pour les peuples. Montreuil, ville populaire, fière de ses décennies de mobilisations pour la
démocratie et la liberté a toujours eu à cœur de commémorer cet appel historique.
Notre parti compte parmi ses membres de nombreux témoins directs des moments fondateurs de notre histoire : des résistants, des déportés et leurs familles. Le Parti Communiste Français a
forgé son identité à travers ces luttes pour la liberté, contre le fascisme, contre le colonialisme.
Nous sommes donc particulièrement inquiets de la tournure que prend un climat de polémique malsaine qui s’est instauré récemment à Montreuil sur les commémorations.
Des paroles outrancières sont prononcées sur le nombre de célébrations qui feraient presque croire que Montreuil reste la seule ville qui veut encore se souvenir de l’histoire de notre pays et des
valeurs républicaines. Les nombreuses autres communes de France apprécieront.
Au-delà des paroles nous assistons maintenant à des actes : des incidents interviennent lors des cérémonies. Comme par exemple, quand les micros sont coupés et des invectives fusent pour empêcher
le député de la ville de prononcer quelques mots pendant la commémoration de l’appel du 18 juin.
Cet incident regrettable a soulevé l’indignation des personnalités présentes, des membres des associations, d’anciens combattants, ainsi que celle des citoyens qui assistaient à la cérémonie. En un
lieu et en un moment où l’on évoque l’union contre le fascisme, la xénophobie, le racisme et l’intolérance, il est inacceptable d’assister à une telle violence verbale.
La mémoire est un enjeu politique de fond, un enjeu de civilisation. Elle ne peut être un objet de règlement de compte politicien, ni être censurée. Nous le refusons.
Nous demandons aux partis politiques, aux autres organisations, aux autorités républicaines et à la municipalité de Montreuil de faire preuve de responsabilité et de prendre toute disposition pour
que de tels incidents ne se reproduisent plus dans notre ville. La section du Parti Communiste Français est disponible pour prendre pleinement part à ce désormais nécessaire effort républicain
collectif pour que le devoir de mémoire soit dignement respecté à Montreuil comme partout en France.
Le 19 juin 2008