Dimanche 21 septembre 2008 7 21 /09 /2008 15:58
En novembre prochain, les jeudi 13 et vendredi 14, à l’initiative de la revue LA PENSEE et de la FONDATION GABRIEL PERI, en partenariat avec la FONDATION ROSA LUXEMBURG, se tiendra à l’UNESCO un colloque international sur « Marchés, sociétés, histoire ». Nous souhaitons attirer votre attention sur cette réunion scientifique et en souligner l’intérêt.

A priori, tout semble clair. Le marché serait une procédure, un ensemble d’institutions et de règles ainsi qu’un état d’esprit indispensables au fonctionnement des sociétés modernes. Le Président de la Fondation, Robert Hue, s’est exprimé sur ce point, lors d’une rencontre à Shanghai en 2001. Le texte de son intervention peut être consulté sur le site de la Fondation. On peut donc en conclure que le rôle du marché ne serait plus aujourd’hui « un problème politique » a priori, que ce soit au plan français ou international.

Les problèmes en suspend, pratiques et théoriques, demeurent cependant considérables. Dans son numéro 347, la revue La Pensée a cherché à en identifier quelques uns. Essayons de nous interroger à nouveau, sans prétention d’exhaustivité.

1. Les marchés, soit. Mais quels marchés et pour quelles activités ? Le capitalisme peut être caractérisé comme le système social le plus marchand qui soit. On observe même aujourd’hui la prétention de ce système social à étendre le domaine marchand de son emprise. Il existe donc des degrés, des modalités et des territoires de marché potentiellement distincts d’une forme sociale à l’autre. L’un des objectifs du colloque ne pourrait-il pas être de débattre de ces frontières et de leur incidence sur les sociétés considérées ?  

2. L’histoire et l’archéologie montrent d’ailleurs que le marché est une forme très ancienne de communication économique entre les hommes. On devrait en déduire logiquement qu’une forme sociale n’est pas capitaliste pour la raison qu’elle serait marchande. On devrait en déduire également, ce qui revient au même, que la marchandise relève de formes sociales diverses et que la marchandise de l’Antiquité romaine, par exemple, n’est pas identique à la marchandise capitaliste. Dans ces conditions, comment se fait-il que l’existence contemporaine du marché soit très souvent associée à l’idée de capitalisme, non seulement par l’opinion courante mais par des scientifiques reconnus ? Que penser de cette approche ?

3. L’une des raisons majeures légitimant peut-être cette relation biunivoque entre capitalisme et marché ne tiendrait-elle pas au fait que les marchés capitalistes seraient infiniment plus amples et plus efficaces que les marchés des époques antérieures. On observerait, d’une époque historique à l’autre, des différences entre les marchés. Mais on observerait aussi la convergence historique de la forme marché vers une forme supérieure ? La question est alors posée de savoir si, en adoptant la thèse de la nécessité du marché, les partisans d’une transformation radicale de la société capitaliste ne s’enferment pas dans une contradiction logique. D’une part, ils (elles) reconnaitraient la validité du marché pour le fonctionnement social. Mais d’autre part, prévaudrait l’idée selon laquelle la forme marché capitaliste serait très supérieure aux formes marché des époques précédentes. La conclusion serait-elle que la société ne pourrait être organisée que de manière capitaliste ?

4. Les organisateurs du présent colloque récusent cette conclusion. Ils sont prêts à en débattre. Les problèmes sont certainement énormes, mais ils sont soulevés de manière concrète. Le moins qu’on puisse dire aujourd’hui est que le marché capitaliste mondialisé ne parait pas en mesure d’assurer, par exemple, la gestion des ressources énergétiques mondiales, la sauvegarde des équilibres naturels, l’allocation optimale à long terme des ressources financières ou la reproduction de la force de travail salariée, que ce soit dans les pays développés ou en développement. De toute évidence, il apparaît que le système est secoué de crises fortes et engendre spontanément des effets désastreux. Se posent alors les questions suivantes. Suffirait-il d’en colmater les brèches et les insuffisances pour que le capitalisme fonctionne convenablement? Est-il temps, au contraire, d’entreprendre le changement en profondeur du système capitaliste et de ses marchés ?  Quelles nouvelles formes de marchés se dessinent alors? Les expériences sociales de mise en cause du marché capitaliste, observées ici et là, ne sont-elles pas l’amorce de ces changements ? Ces interrogations méritent la discussion active à laquelle vous êtes invités.

Colloque international sur le thème

« Marché(s), société(s), histoire et devenir de l’humanité »

les 13 et 14 novembre 2008

Salle IV, Palais de l’UNESCO, Paris.

PROGRAMME PREVISIONNEL

 

Jeudi 13 novembre

9h00 :              Accueil des participants

9h15-9h30 :     Allocution d’ouverture, Pierre Sané, sous-directeur général de l’UNESCO (sous réserve)

Session 1 : Rapports marchands et sociétés dans l’histoire

      La première demi-journée a pour objectif de caractériser les rapports marchands dans l’histoire en analysant dans des contextes et des expériences différentes comment se sont structurés des échanges non-capitalistes mais marchands et monétarisés.

Président de séance : Antoine Casanova, historien, directeur de la revue La Pensée (France)

9h30-9h45 :     Les formes historiques : propriété / pouvoir / marché, introduction par Antoine Casanova

9h45-10h :       Remarques sur le marché en Grèce et à Rome, Jacques Annequin, historien (France)

10h-10h15 :     Les échanges marchands et monétarisés dans le Proche-Orient ancien, Michèle Casanova, maître de conférences à l’université de Rennes II-UMR 7041 (France)

10h15-10h30 :  Le développement du marché commercial en Chine par l’évolution historique demarché de la rue Hanzhengjie de Wuhan, NIE Yunlin, professeur de                            l’université normale de Chine.

10h30-11h15 :   Discussion

11h15-11h30 :    Pause

11h30-11h45 :   Le marché et l’esclavage sur le continent américain dans la seconde moitié du XIXème siècle, Rémy  Herrera, chercheur au CNRS, directeur de la collection « Forum Social » aux éditions l’Harmattan (France)

11h45-12h00 :    Échanges et discussions sur le marché dans les économies planifiées socialistes, Jacques Sapir, économiste, directeur d’études à l’EHESS (France)

12h00-13h :     Discussion

***

13h-14h30 : Déjeuner

***

Session 2 : Marchés et États – Classes et cultures

La problématique de cette deuxième session pourra être éclairée en introduction, par la portée et la signification du rapport entre Marché et État chez Marx et Polanyi, la force des marchés capitalistes et le potentiel d’innovation révolutionnaire du système. La réflexion s’orientera ensuite sur l’analyse du capitalisme contemporain à l’heure de la révolution informationnelle et ses contradictions.

Présidente de séance : Quynh Delaunay, sociologue (France)

14h30-14h45 :   Développement / efficacité / innovation / marché, introduction par Quynh Delaunay

14h45-15h00 : Mondialisation productive, mondialisation financière, problèmes du dollar, Jean-Claude Delaunay, économiste, professeur à l’université Marne-La-Vallée (France)

15h-15h15 :    Peut-on réformer le capitalisme financiarisé ?, Tony Andréani, économiste (France)

15h15-15h30 :  Rétrospective et perspective du développement du système financier chinois, LAI Hairong, directeur de la revue « Comparaison des systèmes économiques et sociaux » (Chine)

15h30-16h15 : Discussion

16h15-16h30 : Pause

16h30-16h45 :  Flux de main d’œuvre et marchés du travail, Nasser Mansouri-Guilani, chercheur, responsable des études économiques à la CGT (France)

16h45-17h :   Le plein emploi dans les sociétés de marché avancées, Helen Ginsburg, professeur émérite d’économie au Brooklyn College, université de New York (Etats-Unis)

17h-17h15 :     La marchandisation accélérée de l’art et de la culture et l’économie de « l’immatériel », Serge Regourd, professeur de droit public à l'université des sciences sociales de Toulouse (France)

17h15-18h :    Discussion

*

*          *
 

Vendredi 14 novembre

 

Session 3 : Contrôle, régulation et dépassement des marchés : quelles voies se cherchent ?

Cette dernière journée aura pour ambition de traiter des alternatives, des expériences possibles de régulation des marchés capitalistes et de renouvellement des échanges.

Présidence :       Michaël Brie, directeur du département d’analyse politique, Fondation Rosa Luxemburg (Allemagne)

9h30-9h45 :       Alternatives et luttes pour l’émancipation, la justice et la démocratie, Michaël Brie

9h45-10h :         Vers un nouveau modèle de développement pour le bien-être des peuples ? Manuel Riesco, économiste, vice-président du Centre d’études nationales sur le développement alternatif (CENDA) (Chili)

10h-10h15 :       ALBA, Bancosur, Petrosur : avancées et périls, Luciano Vasapollo, statisticien, professeur à l’université La Sapienza (Italie)

10h15-10h30     Le cas du Brésil, Ricardo De Azevedo, président de la fondation Perseu Abramo (Brésil) (sous réserve)

10h30-11h15 :   Discussion

11h15-11h30 :    Pause

11h30-11h45 :   L’expérience chinoise de contrôle et de supervision des marchés, Cheng Enfu, président de l’Académie du marxisme, Académie chinoise des sciences sociales (Chine)

11h45-12h00 :   30 ans de réforme du marché en Chine : théorie et pratique, WEI Haisheng, vice-président du Bureau centre des compilations et traductions (Chine)

12h-13h :           Discussion

***

13h-14h30 : Déjeuner

***

14h30-14h45 :     Le keynésianisme et le néo keynésianisme (l’exemple scandinave), Johan Magnus Ryner, professeur de relations internationales, Université d’Oxford Brookes (Grande Bretagne)

14h45-15h :         Marché, dépassement du marché et rapports sociaux et de genre : l’apport du féminisme, (A venir)

15h-15h15 :         Quelles potentialités des forces productives humaines au XXIème siècle ?, Pierre Musso, philosophe, professeur de sciences de l'information et de la communication à l'université de Rennes II, et chercheur associé au Centre de recherches et d'études sur la décision administrative et politique (CRÉDAP, université de Paris I) (France)

15h15-16h30 :     Discussion

16h30-16h45 :      Pause

16h45-17h :         Clôture, L’après-marché ?, Maurice Decaillot, économiste (France).



Inscription obligatoire à l'adresse : colloquemarche2008@gabrielperi.fr
Publié dans : Formation
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    
Retour à l'accueil
 
Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés