Mercredi 5 novembre 2008 3 05 /11 /Nov /2008 10:41

 QUAND BOUYGUES PATRONNE LE NETTOYAGE A SEC DES DROITS DES TRAVAILLEURS SANS PAPIERS


Seau Net, Clean Housse, Sonet, Plus Net, Clean House, telles sont les multiples enseignes pour lesquelles une cinquantaine de travailleurs sans-papiers travaillent depuis plusieurs années, dans des conditions dignes de la plus belle époque de l’esclavage. Si leur direction, plus ou moins fantoche, ne cesse de changer au gré des faillites, reprises et changements d’enseigne, il reste un élément intangible au fil des années : 80% des chantiers ont pour donneur d’ordre BOUYGUES, et il ne s’agit pas toujours de nettoyage, mais parfois de démolition, avec tous les risques induits par ce type d’activité en matière d’exposition au plomb et à l’amiante.    

Depuis le 21 octobre, 20 salariés de PLUS-NET, las de se heurter depuis plusieurs mois au refus de leur employeur de remplir les papiers nécessaires à leur régularisation, ont décidé d’occuper les locaux de leur entreprise au 4, rue Girard.

 

Une fois de plus, ce conflit met à jour les liens de causalité entre des travailleurs placés dans une situation de grande faiblesse administrative par des lois répressives et des patrons voyous décidés à tirer un profit maximum de cet état de fait. La liste est longue des atteintes, non seulement aux droit du travail, mais aussi et surtout à la santé et à la dignité des salariés.

 

Le conflit des salariés de PLUS-NET n’est pas sans rappeler ceux de GRIALLET, de SANIR-PLMT, ou ALPHA SERVICES, où les pratiques scandaleuses des patrons voyous ont été mises à jour. La nouveauté, à PLUS-NET, c’est que derrière le petit patron voyou, Jean-Claude SUIED, plane l’ombre du n°1 du bâtiment du BTP, BOUYGUES, donneur d’ordre à 80% des chantiers de PLUS-NET, et dont on connaît les liens avec le pouvoir.

 

LES RAISONS DE LA COLERE :

Le conflit n’a démarré qu’il y a une semaine, mais la liste des atteintes au droit, à la santé et à la dignité des travailleurs apparaît déjà impressionnante.

 

Travailleurs en situation régulière, s’abstenir…

 

Depuis prés de 20 ans qu’existe l’entreprise (quelle qu’aient été ses noms successifs), il semble qu’elle ait systématiquement eu recours à l’embauche de salariés en situation irrégulière. C’est en tout cas ce que révèle l’étude de plus d’une centaine de fiches de salariés, présents ou passés (un fort turn over qu’explique l’attitude de l’employeur, prompt à licencier verbalement les salariés à la moindre réclamation de leur part). A PLUS-NET, point de discriminations : toutes les nationalités ou presque sont représentées, mais pas un salarié qui ne soit en situation régulière…

 

Et le patron nous expliquera sans doute, comme hier ceux de Griallet ou de Sanir-PLMT, qu’il a été « abusé » par ses salariés, et qu’il ignorait tout de leur situation…

 

Des contrats à temps partiels à 190 heures par semaine !

 

Chez PLUS-NET, c’est une règle, tous les salariés sont embauchés à temps partiels.

Une facilité à laquelle ont souvent recours les patrons du nettoyage pour flexibiliser à outrance le temps de travail des personnels en éclatant la journée de travail sur plusieurs tranches horaires, depuis très tôt le matin jusqu’à tard le soir.

 

Chez PLUS-NET, l’abus va bien au-delà : les salariés disent avoir parfois travaillé jusqu’à 190 heures par semaine ! Le tout, pour un salaire lui aussi partiel puisque les heures supplémentaires (illégales pour des contrats à temps partiels) n’étaient jamais payées. A raison de 40 heures supplémentaires par semaine travaillée, et encore, sur la base d’un plein temps ! on devine que le contingent annuel d’heures supplémentaires autorisé par la loi est largement dépassé, ce qui s’assimile au délit de travail dissimulé.

 

Prévoyant, l’employeur falsifiait systématiquement les feuilles de présence pour que le compte soit rond et les preuves effacées.

 

Demeurent les témoignages des salariés, qui racontent notamment qu’ils pouvaient se retrouver sur un chantier de 8 heure le matin jusqu’à 23h30 le soir, sommés de dormir dans la camionnette de chantier afin de reprendre dès le lendemain, à l’aube, le travail…

 

Violation de la législation du travail par le recours abusif au CDD :

 

Autre pratique délictueuse fermement ancrée dans les habitudes de PLUS-NET, le recours exclusif aux contrats à durée déterminée. Quand bien même les salariés sont sous contrat depuis plusieurs années…

 

A noter que les dits contrats CDD ne stipulent ni la durée ni le terme. Devenant ainsi des CDD à vie.

 

Violation des règles d’hygiène et de sécurité, et dissimulation d’activité… :

 

Officiellement, PLUS-NET intervient dans le domaine du nettoyage. C’est du moins ce qu’indique le code APE de l’entreprise.

 

Si une partie des chantiers semblent bien correspondre à cette activité, on découvre aussi, au travers des témoignages des salariés, que le nettoyage n’est qu’une des activités de la société. Sauf à considérer que la manipulation d’outils tels que marteau-piqueurs, masses et autres perçeuses fassent partie de la boîte à outil d’un ouvrier du nettoyage…

 

En réalité, les salariés de PLUS-NET ont aussi souvent fait office de démolisseurs !

 

Plusieurs chantiers, et des plus prestigieux, ont en fait été maquillés, avec la complicité du donneur d’ordre, en chantier de nettoyage alors qu’il s’agissait de démolir murs et faux plafonds, dont tout laisse penser qu’ils contenaient des matériaux dangereux tels que le plomb et l’amiante.

 

Comme à ALPHA SERVICES, GRIALLET ou SANIR-PLMT, les ouvriers ont travaillé plusieurs années au contact de matériaux dangereux sans en être informés, sans être formés et sans être équipés des protections requises.

 

Circonstance aggravante : les salariés n’ont jamais bénéficié d’un suivi de la médecine du travail, pourtant obligatoire. Ce qui rend l’établissement des preuves encore plus ardu.

 

… avec la complicité du n°1 du bâtiment, BOUYGUES !

 

En établissant la liste des chantiers sur lesquels intervenait PLUS-NET, on constate :

1)      qu’il s’agit de chantiers d’entreprises ou organismes très prestigieux : le siège de GENERALI, Quai Roosevelt à Issy-Les-Moulineaux, siège du LIDO sur les Champs Elysées, Salle Pleyel dans le 8ème arrondissement, siège de la Croix-Rouge Française Avenue Georges V, le FOUQUET’S, toujours sur les Champs Elysées, des postes principales (comme celle située Boulevard Brune à Paris), des hôpitaux (TENON, VAL DE GRÂCE) etc… etc…

2)      qu’il s’agit à 80% de chantiers dont le donneur d’ordre n’est ni plus ni moins que le n°1 du BTP, BOUYGUES !

 

Ceci expliquant sans doute comment on a ainsi pu faire travailler pendant des années autant de travailleurs sans papiers dans des chantiers au cœur de Paris ou dans des bâtiments publics en principe extrêmement contrôlés.

Les salariés étaient titulaires en cas de contrôle sur les chantiers de badge à l’effigie de BOUYGUES.

 

La CGT soutient la légitime revendication des salariés grévistes de PLUS-NET pour leur régularisation et mettra tout en œuvre pour qu’ils y parviennent.

Nous invitons Jean-Claude SUIED, la patron fantôme de PLUS-NET, à sortir de sa cachette et à ouvrir des négociations avant que des contrôles plus poussés n’aggrave sa situation. Les poursuites pénales dont font actuellement l’objet des patrons voyous tels que Jean-Luc GRIALLET ou Roger KAKOU devraient l’inciter à davantage de diligence dans le traitement de ce dossier…

 

 

 

 

 

 

Publié dans : la parole a ...
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