Jeudi 6 novembre 2008 4 06 /11 /Nov /2008 17:30

« RECONSTRUIRE DE L’IMAGINAIRE A GAUCHE !

  

La Section de Montreuil organisait dans ses locaux une rencontre avec des jeunes vendredi 21 octobre. Débattre du rapport des jeunes avec la politique et singulièrement de leur perception du Parti Communiste Français, tel était l’objectif de cette réunion préparée avec les jeunes communistes de la Seine-Saint-Denis.

 

Le pari était ambitieux, mais plus d’une trentaine de jeunes issus des quartiers de Montreuil et pour certains de leurs copains d’autres villes, pour la plupart non membres du PCF , ont répondu à l’invitation à débattre en direct avec Olivier Dartigolles, porte parole du PCF, Jean-Charles Nègre, conseiller général du canton Ouest et Jean-Marie Doussin, Secrétaire départemental, Djeneba KEITA membre du bureau de section de Montreuil et Vincent BATAL du Mouvement des jeunes Communiste.

 

Très rapidement le décor est planté : C’est d’abord un sentiment d’immense désarroi et de colère qui s’exprime : la précarisation de la vie, l’école et la formation qui riment avec échec ; l’absolue certitude que les plus jeunes n’ont d’autre avenir que chômage et débrouille ; la conviction que la crise financière n’est que la partie émergée de l’iceberg d’une société fondée d’abord sur l’exclusion.« on ne peut pas être plus bas que bas ! » dira un intervenant.

 

 Tous les témoignages convergent sur le constat accablant de l’échec des politiques publiques mises en place par l’Etat, en particulier dans ce département qui compte 26 % de la classe d’âge des 16 / 25 ans sans formation, ni diplôme, comme l’a rappelé Jean-Charles Nègre. « La désespérance est tellement profonde que la crise financière est presque banalisée » s’exclamera un participant.

 

Pour Olivier Dartigolles, il est ainsi tout aussi important de « décrypter les causes que de refonder de l’espoir ».

« Il y a 20 ans on parlait de la fin de l’histoire, avec le capitalisme triomphant, penser autre chose, c’était « as been ». Aujourd’hui la réalité est là ; la crise c’est celle de leur système même si ils essaient de reprendre la main et au nom de la moralisation du capitalisme d’aggraver encore les choses ».

 

Les jeunes acquiescent, mais le doute sur la possibilité de faire autrement est le plus fort, surtout quand « les politiques ne sont pas au rendez-vous ».

 

« C’est à nous les jeunes de faire bouger la société » dira Selim « mais il faut un soutien aujourd’hui inexistant ». Pour Camille, « la différence gauche – droite est compliquée à cerner ». Bocar, surenchérit : « je regarde les Congrès du PS, celui du PC, la LCR… et je vois une gauche divisée, incapable de s’entendre. La droite, elle, est unie ! ».

 

Les participants approuvent et confirment que le besoin d’unité à gauche, pour recrédibiliser de l’espoir, est incontournable.

 

Olivier Dartigolles interpelle : « pourquoi la mayonnaise prend t’elle aux élections locales et pas au niveau national ? Avoir la conviction que l’on peut faire évoluer les rapports de forces et marquer des points, ça aide, ça redonne de l’espoir. Nous avons la responsabilité de reconstruire de l’imaginaire à gauche ? »

 

Le message est apprécié par les jeunes, mais ils préviennent : « Pas question de raser gratis demain, la gauche doit revenir se ressourcer auprès du peuple, pas seulement dans les périodes électorales ou dans les shows médiatiques, mais bien toute l’année, dans la proximité du quotidien ».

 

« Partir de la vie », « dialoguer franchement »( Cheihk) « être plus présent dans les quartiers » (Nadir) « militer autrement », « revenir aux choses simples »(Mustapha) tous ont des idées et considèrent que le Parti Communiste qui a incontestablement une « image vieillotte » peut malgré tout jouer un rôle utile et moderne pour demain : « Retravaillez le lien social », « pensez de nouvelles formes de militantisme, moins formelles, moins épisodiques, moins isolées », « parlez-nous aussi d’utopie, de rêve et d’idéal, faites-nous aussi de la place et vous verrez, ça va bouger » dira Bocar, pour qui « c’est le travail de fond pour grignoter petit à petit les idées des gens qui paie ».

 

Impossible de rendre compte en quelques lignes de la richesse de ces échanges et paroles mêlées. Pendant deux heures, à Montreuil, on a fait de la politique, tisser du lien, entrouvert des portes, et c’est sûr recréer de la confiance. Celle-ci ne demande qu’à être entretenue, puisque tout le monde est finalement d’accord pour se revoir régulièrement autour, cette fois-ci, de réunions à thèmes et pour prendre des décisions d’actions communes.

Histoire, pourquoi pas ?, de commencer à construire ensemble l’avenir !

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Publié dans : le congrès
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