Mardi 18 novembre 2008 2 18 /11 /Nov /2008 00:00
° Les établissements seront rémunérés selon leur activité ce qui nous amène à dire que l’intervention publique dans le domaine hospitalier va se traduire par une marchandisation croissante de plus en plus livrée au secteur privé avec ses conséquences sur les personnels, les patients et les usagers dans tous les domaines des soins.

° Dans les faits cette loi BACHELOT va encore accroître la pression sur des agents qui en raison de la diminution du financement vont être soumis à un accroissement de leur productivité. Quand les pouvoirs publics auront amélioré l’image des établissements hospitaliers aux yeux d’éventuels investisseurs, ils pourront passer à l’étape suivante, à savoir l’ouverture du secteur à la concurrence signant ainsi la mort définitive de l’Hôpital Public.

° L’avant projet de cette loi s’inspire des options les plus ultralibérales des propositions contenues dans les différents rapports : BUR, RITTET, LARCHER et VALENCIEN.

° Elle est pour le secteur hospitalier l’expression de la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP) qui prévoit le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux.

° Etranglements financiers, gel de lits, externalisations de service, réduction d’effectifs, fusion et regroupement d’établissements, c’est du pur jus LIBERAL !

° S’agissant de la mission des établissements, la suppression de la distinction entre les Hôpitaux Publics et les établissements de Santé Privé « lucratif » permet de confier la totalité des missions hospitalières publiques au secteur privé avec l’encadrement autoritaire prévu, avec la création des agences régionales de santé (ARS) à travers les contrats pluriannuels d’objectifs et de moyens accompagnés d’un dispositif de sanction si ces objectifs ne sont pas atteints.

° Ainsi les établissements perdent leur latitude et leur autonomie de décision pour innover afin d’adapter l’offre de soins aux besoins spécifiques des populations… CARCAN LIBERAL ! ° Avec cette loi, c’est la rupture définitive dans la conception, l’organisation, la gestion du service public de Santé Publique à la Française.

° Le secteur privé commercial et industriel est pris en modèle alors que la primauté de la rentabilité sur celle du service rendu y favorise des pratiques peu orthodoxes, que les qualifications de personnels n’y sont pas respectées, que les malades sont sélectionnés en fonction de leur solvabilité.

° La gestion du patrimoine public pourra être confié à des entreprises immobilières avec le risque que la gestion à court terme fasse l’impasse sur les besoins d’investissements et de modernisation à long terme.

° C’est le modèle des fusions-absorptions pour accélérer les restructurations hospitalières. Les petits établissements perdent leur autonomie. Les groupements de coopération sanitaire, dispositif prévu dans la réforme « Hôpital 2007 » permettent au secteur privé de récupérer les activités les plus lucratives au sein de l’Hôpital Public.

° C’est encore un cadeau concédé aux amis politiques du gouvernement.

° Aujourd’hui les cliniques privées font leur beurre sur des actes simples et rémunérateurs. Il y a longtemps que fleurissent dans notre pays les comparatifs de performance et de rentabilité entre le secteur public et le secteur privé en terme de Santé, notamment et naturellement prétexte pour justifier la restructuration hospitalière et dénigrer le secteur public pour le priver de ses moyens.

° On savait déjà que le secteur public assumait les urgences et la permanence de soins ainsi que la recherche et l’enseignement que n’assument pas les établissement privés.

° En 2006, la DRESS écrit : « le secteur public accueille en médecine les deux tiers de séjours et tout particulièrement les nourrissons et les personnes âgées. Les cliniques privées, elles, prennent en charge plus de la moitié des séjours chirurgicaux notamment pour les cas simples. Les hôpitaux publics ont toutefois la quasi exclusivité de la prise en charge de certains actes complexes et peu fréquents comme les brûlures (92%) ou la chirurgie de traumatismes multiples graves (97%). »

° Diversité de la prise en charge des actes, qualité des soins, compétence des agents hospitaliers et du milieu médical, qualité des services, tout démontre que face aux objectifs gouvernementaux qui entendent privilégier le secteur privé, l’Hôpital Public doit vivre et tout doit être fait pour promouvoir et assurer son développement pour le bien de tous.

° Aucune société digne de ce nom ne peut accepter une telle régression de santé, la multitude des atteintes à nos conditions et espérance de vie.

° Agents hospitaliers publics et populations même combat !

° Informer, aller à la rencontre des populations, organiser des débats les plus larges possibles et malgré les tentatives de décisions réactionnaires qui ne manquent pas, il faut continuer d‘impulser par tous les moyens la mobilisation et cela devient une urgence prioritaire pour le destin de chacun de nous.

Publié dans : edito - Communauté : Politique française
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