«Dites-moi que je rêve. On est en train de crever et ils font des simagrées : “Non pas eux, ils ont couché avec le PS et vont peut-être recoucher avec le PS”.
Ah ! les soi-disant purs !» Comme Jam's, ils sont des dizaines de Mariannautes à avoir en travers de la gorge le refus du Nouveau parti anticapitaliste de faire cause commune
avec le Parti de gauche et le Parti communiste. Pour Jean Jolly, aussi, l’urgence sociale est telle que le NPA, dont il se dit proche, aurait dû rejoindre le Front de gauche. Quitte à
«[préciser] haut et fort, explique-t-il, que jamais il ne fera alliance avec
le PS». Isabelle78 estime également qu’« il y a péril en la demeure » et que «l’heure n’est plus aux états
d’âme» : «Comment ne pas accepter le principe d’une unité à gauche alors que cela ne remettra nullement en cause les principes fondamentaux de chaque
parti.»
JDif entonne le même discours. Mais pour se faire comprendre, il raisonne par l’absurde : « On peut s'allier sans se compromettre. Une alliance suppose
toujours des différences, autrement on ne voit pas pourquoi plusieurs partis existeraient ! » Mais JDif redevient sérieux aussitôt et promet le pire des châtiments au NPA :
« Sur l'Europe, (…) les convergences étaient, me semble-t-il, plus fortes que les divergences. Refuser une alliance, seule à même de donner à réfléchir aux
partisans de l'Europe libérale (PS compris), constitue une faute politique majeure. Il est souhaitable que le NPA l'expie dans les urnes… » Et d’ajouter provocateur : « On ne fait pas uniquement de la politique avec un leader médiatique. Surtout quand la propension des médias à le mettre en valeur est inspirée par le pouvoir en place
qui y trouve intérêt. Besancenot est en train de se montrer l'allié objectif de Sarkozy. Il ne vaut pas mieux que le PS et doit être mis dans le même sac pour être jetés ensembles dans la
même rivière ! »
Papa, lui, se montre plus mesuré que JDif. Mais le propos est voisin : « En refusant de
rejoindre le Front de gauche, la direction du NPA portera devant l'histoire la responsabilité de la victoire de la droite ! Nombreux sont les travailleurs pour qui s'ouvrait une espérance !
Il pouvait être créé les conditions d'une forte mobilisation ! Il n'en sera rien ! » Mais JDif sait aussi parfois jouer les provocateurs : « Les plus
lucides adhérents du NPA rejoindront dans les comités locaux et départementaux tous ceux et toutes celles qui veulent l'union ! »
Besancenot : un « Le Pen de gauche »
?
Ils sont d’ailleurs très nombreux comme Papa, JDif, ou bien encore Stev à considérer que le NPA est « un allié objectif de la droite ». En revanche,
JYL, lui, ne croit pas que Besancenot peut-être assimilé à un « Le Pen de gauche
». Il semble en tout cas persuadé que les électeurs ne lui donneront pas cette opportunité : « Ce que [le NPA] oublie, c'est que les Français n'ont qu'une hâte : se débarrasser de Sarkozy au plus vite. Ne pas percevoir cet élément essentiel est le signe d'un aveuglement coupable.
C'est pourquoi les Français, malgré la sympathie qu'ils peuvent éprouver pour le beau poupon Olivier, refuseront de donner leurs voix à quelqu'un qui ne veut pas le pouvoir, et dont la
stratégie ne peut que favoriser le maintien de la droite. Besancenot ne sera pas le Le Pen de la gauche comme l'espère Sarkozy. L'Histoire ne repasse jamais les mêmes plats et surtout les
électeurs comprennent de mieux en mieux les arrière-pensées et voient mieux les grosses ficelles des politiciens dont Besancenot n'est pas le dernier représentant... »
Mais pour certains, le « patron » du NPA n’a pas le monopole des « grosses ficelles ». « Sortons du nucléaire » trouve par exemple « affligeant de voir Christian Piquet décréter que la question du nucléaire (mise en avant par le NPA) est un prétexte. » : «
Mais il vit où Piquet ? Sur Mars ? La question de l'énergie est au centre des manoeuvres européennes, et le nucléaire est au centre de tout ça ! Et puis, pourquoi remettre à flot le PCF qui,
sur le nucléaire, est directement allié de Sarkozy et des pdg (Lauvergeon, Gadonneix, etc) ? » Le (lui aussi) très bien nommé « Mais pourquoi sauver le
PCF » se pose les mêmes questions : « Mais pourquoi faudrait-il que le NPA vienne sauver le PCF qui a tant nuit aux mouvements sociaux depuis des
décennies ? Et qui finit toujours par faire le chien-chien du PS en échange de quelques strapontins ? S'il y avait une liste unique NPA-PG-PCF… — mettons qu'elle fasse 15% —, le PCF dirait
illico "Bon, il y a 10% grâce à nous, 3% grâce au NPA et 2% grâce au PG. Maintenant, sur cette base, discutons ensemble..." Il convient donc de laisser l'appareil PCF à ses 2% (ou même moins
!) et de construire sans lui (à ne pas confondre avec les militants PCF qui sont souvent de bonne foi) la lutte contre Sarkozy. »
L'occasion loupée de « sauver » la gauche ?
Lionel Muitzenberg leur répond que « la question n'est pas de sauver le PCF mais de NOUS
sauver ! » Et pour lui, les choses sont devenues claires, le salut ne viendra pas d’Olivier Besancenot : «J'aime bien la manière dont [il]
aborde les problèmes, sa clarté dans la dénonciation de ce qui mine notre pays et l'immense majorité des salariés et des non-salariés par ailleurs !
Seulement voilà, j'avais pensé que nous assistions à la naissance d'un grand leader de gauche capable de mettre en difficulté le Medef et sa clique sarkozyste
! Ma première déception a été d'entendre ses propositions lors de son émission sur LCI-RTL-Le Figaro, je me suis vu revenir plus de trente ans en
arrière lorsque je militais au Parti communiste tant les solutions avancées ne sont plus en phase avec les mentalités, les réalités d'aujourd'hui ! La seconde vient de se produire : ce refus
d'union pour des intérêts de chapelle, de boutique, ne sont pas à la hauteur de l'enjeu ! »
Pour Toto, s’il y a quelqu’un qui n’est pas à la hauteur
des enjeux, c’est Marianne qui ose « [continuer] sa charge anti-NPA ». Et pire encore : ce travail de
sape, Marianne le fait « avec l'aide de Picquet, son pire ennemi. » Et de poursuivre : « Mais il aurait été
bon d'indiquer que Picquet n'est pas suivi par son courant (Unir) et qu'il est en train de provoquer une scission non pas dans le NPA, mais dans Unir. » Quant à CSP, lui ne nous
reproche rien. Il se réjouit même du départ du leader des minoritaires de l’ex-LCR : « On dirait bien qu'on est débarrassé de Picquet pour de bon. Et ça,
c'est carrément une bonne nouvelle. Pour nous. Pour les autres, ça... »