souvenons - nous

Lundi 8 février 2010 1 08 /02 /2010 17:23

arton2760454.jpg Quarante-huit ans après, l’État n’a toujours pas reconnu sa responsabilité dans le crime du métro Charonne. Entretien avec Daniel Renard, président du Comité Charonne pour la vérité et la justice.

Jean-Pierre Bernard, Fanny Dewerpe, Daniel Fery, Anne-Claude Godeau, Édouard Lemarchand, Suzanne Martorelle, Hippolyte Pina, Maurice Pochard, Raymond Wintgens. Il y a quarante-huit ans, le 8 février 1962, ces neuf syndicalistes de la CGT, dont huit étaient militants du Parti communiste, étaient assassinés, à la station de métro Charonne, par les brigades spéciales dirigées par Maurice Papon, à l’époque préfet de police de Paris. Ils venaient de participer à une manifestation contre l’OAS et pour la paix en Algérie. Daniel Renard, aujourd’hui président du Comité Charonne pour la vérité et la justice, faisait partie des organisateurs de cette manifestation. Il témoigne.

 Pourquoi un comité Charonne et pourquoi ce nom : vérité et justice ?

 DANIEL RENARD. Parce que nous voulons que l’État reconnaisse enfin sa responsabilité dans le crime du 8 février 1962 et que justice soit rendue aux familles des victimes. Nous voulons aussi faire connaître ce qui s’est passé. Beaucoup, surtout parmi les jeunes, ignorent tout de Charonne. On ne leur en parle pas à l’école.

 Quel était l’objectif de cette manifestation du 8 février ?

 DANIEL RENARD. Elle avait deux objectifs : la riposte aux attentats de l’OAS et la paix en Algérie. Le 7 février, une charge de plastic au domicile du ministre André Malraux avait défiguré la petite Delphine Renard. D’autres attentats avaient visé notamment le député communiste Raymond Guyau et l’écrivain Vladimir Pozner qui avait été sérieusement blessé. Le soir même, les unions départementales CGT de la Seine et de la Seine-et-Oise provoquaient donc une réunion des organisations syndicales et politiques pour riposter. Et, le matin du 8 février, un tract appelait à manifester à 18 h 30 à la Bastille. Il était signé par les syndicats CGT de Seine et de Seine-et-Oise, les organisations parisiennes de la CFTC, de l’Unef, du SGEN, les sections de Seine-et-Oise de la Fédération de l’éducation nationale (FEN) et du Syndicat des instituteurs. Les fédérations de Seine et de Seine-et-Oise du Parti communiste et du PSU, les Jeunesses communistes, les Jeunesses socialistes unifiées, le Mouvement de la paix de Seine et de Seine-et-Oise s‘associaient à l’appel.

 Comment les événements se sont-ils déroulés ? Vous étiez parmi les organisateurs…

 DANIEL RENARD. J’étais secrétaire général de la FEN de Seine-et-Oise. Lorsque nous avons su que le gouvernement interdisait la manifestation, nous avons tenté en vain d’avoir un rendez- vous à la préfecture de police. Il faut rappeler que le préfet de police, Maurice Papon, venait de s’illustrer dans le massacre des Algériens lors de la manifestation du 17 octobre 1961 à l’appel du FLN – on connaît aussi son rôle, en Gironde, pendant l’Occupation. La Bastille n’étant pas accessible, nous avons constitué cinq cortèges différents. En tête de chacun il y avait des responsables des organisations qui appelaient. On a évalué à 60 000 le nombre total de manifestants. Je me trouvais dans le cortège qui, parti du boulevard Beaumarchais, est arrivé à l’angle de la rue des Écoles et du boulevard Saint-Michel où la dislocation s’est effectuée dans le calme. Je suis alors rentré chez moi, à Bezons. C’est dans la nuit que j’ai été informé de ce qui s’était passé au métro Charonne. Alors que des responsables de la CGT et de la CFTC venaient de s’adresser aux manifestants et avaient appelé à la dispersion, la police a chargé avec une violence inouïe. Il y a eu huit morts sur le champ, un neuvième est décédé huit semaines plus tard. Parmi les nombreux blessés, certains l’étaient très sérieusement. Selon la thèse que Papon et le gouvernement ont tenté d’accréditer, les manifestants se seraient rués dans l’escalier du métro dont les grilles étaient fermées et se seraient écrasés les uns sur les autres. Mais c’est faux, les grilles n’étaient pas fermées.

 Comment expliquez-vous une telle violence ?

 DANIEL RENARD. Papon et le gouvernement cherchaient à en découdre. Les unités de police avaient été particulièrement choisies et comportaient des éléments qui revenaient d’Algérie. Or la volonté d’écraser la lutte du peuple algérien avait été mise à mal. Avec une certaine mauvaise volonté, le gouvernement français avait dû engager, le 20 mai 1961 à Évian, des pourparlers avec le gouvernement provisoire de la République algérienne. L’OAS, qui voulait y faire échec, multipliait les attentats. Mais la mobilisation contre la guerre s’élargissait. Le 16 janvier 1962, un appel à « agir au grand jour contre les factieux de l’OAS » avait été signé par cent anciens résistants, parmi lesquels des gaullistes comme le général Billotte. Évidemment, les militants communistes qui luttaient depuis des années contre la guerre d’Algérie étaient particulièrement motivés. Le 8 février ils constituaient le gros des cortèges, ce qui fait que sur les neuf victimes, huit étaient communistes.

 Quel a été l’impact de Charonne ?

 DANIEL RENARD. Cela a déclenché un mouvement auquel le pouvoir ne s’attendait pas. Le lendemain, l’appel à un arrêt de travail d’une heure a été massivement suivi dans tout le pays. Les obsèques ont eu lieu le 13 février à l’appel de toute la gauche, de toutes les organisations syndicales. La foule était immense – on a parlé de 1 million de personnes. La pression pour que les négociations avec le FLN progressent est devenue telle que le 19 mars 1962 les accords d’Évian étaient signés.

 Quel enjeu représente aujourd’hui la reconnaissance de ce crime ?

 DANIEL RENARD. Cette reconnaissance est très importante pour agir contre toutes les survivances du colonialisme. Nous associons le 8 février 1962 et le 17 octobre 1961 qui était aussi une manifestation pacifique. Faire reconnaître ces crimes par l’État français est aussi une façon de travailler à l’amitié franco-algérienne. Ces dates marquent l’histoire de France et font partie de l’identité populaire.

 

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR JACQUELINE SELLEM (l'Humanité)

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Dimanche 7 février 2010 7 07 /02 /2010 14:50

Photo_charonne.JPG Hommage aux neuf victimes de la répression sauvage du 8 février 1962 lors de la manifestation contre l’OAS et la guerre d’Algérie.

 En une période où le besoin d’histoire est si fort dans la société française, et où est légitimement revendiquée une exigence de vérité, en particulier sur les deux moments clefs de notre histoire nationale récente que sont l’Occupation et les guerres coloniales, il n’est pas inutile de se souvenir

 Lundii 8 février 2010

48ème anniversaire

 Métro Charonne :

11h00

Dépôt de gerbe auprès des plaques dans le métro par l’Union Syndicale CGT Ratp, rassemblement au métro Charonne avec prise de parole de Pierre Laurent pour le PCF et de Pascal Joly pour l’Union Régionale CGT Île-de-France, sous la présidence du Comité Charonne.

Cimetière du Père Lachaise :

12h30

Dépôt de gerbe.

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Mardi 5 janvier 2010 2 05 /01 /2010 13:45

yvonneHommage écrit par le petit-fils et lu lors de l'enterrement de notre camarade.

De Nicolas, son petit-fils à partir d’extraits de poésies de Paul Eluard :

« Vendredi 25 décembre 2009. J’écris un dernier au revoir à ma grand-mère,

Yvonne.

Je prends du temps pour elle, avec elle.

Par où commencer ?

Je découvre les écrits du poète communiste Paul Eluard :

« Le tout est de tout dire et les mots me manquent

Le poète est celui qui inspire bien plus que celui qui est inspiré. »

 Je n’ai pas souvenir d’avoir vu un jour ma grand-mère lire les écrits d’Eluard, mais ils me font penser à elle.

Je la vois aujourd’hui, en pensée, arpenter les trottoirs du 35 boulevard Aristide Briand, blouse à fleurs sur le dos, pour acheter « l’Huma », rencontrant des copains, des camarades ou des voisins, tous des amis de longues dates croisés au détour d’une réunion de cellule, d’un étalage de marché ou de vacances passées ensemble.

Certains étaient déjà là quand elle était concierge dans le quartier. Lors des derniers temps à la maison de retraite, elle récitait la liste des locataires escalier par escalier comme pour se raccrocher à sa mémoire, à sa vie passé, ici, à Montreuil. Après ce fut l’Alsace qu’elle revisitait, puis plus rien.

Aujourd’hui, j’ai plaisir à la revoir traversant la petite route et se diriger chez l’épicier, traînant ses pas, achetant deux trois bricoles, puis faire un saut chez « la marchande de journaux » pour le journal.

Je la vois, dans son salon, feuilletant le canard en mouillant chaque fois son index afin d’en faire claquer les pages sur la table recouverte d’une toile cirée légèrement tachée d’encre noire. Comme des marques de ce rituel, les marques d’encre du quotidien se rajoutant à celles de la veille, encore et encore.

Dans mes pensées, sous cette toile cirée, il y a une table ; je me revois enfant, observer tant de gens partager, échanger, refaire le monde autour d’elle.

C’est cette image, ce souvenir, je pense qui m’avait fait te demander de faire un film avec moi en 2003. Te souviens-tu ?

Tu avais déjà 85 ans.

J’étais venu te voir chez toi, au 35, je m’étais assis avec toi autour de la table, posé ma feuille de questions sur la nappe cirée.

Chacune de mes questions, minutieusement préparées, abordait le militantisme et tes combats passés.

Chacune de tes réponses allait vers la situation actuelle du monde et l’avenir.

 « L’homme n’est pas ancien comme le monde, il ne porte que son souvenir.

Il y a un autre monde, mais il est dans celui-ci. »

« … Les Hommes ont besoin d’être unis, d’espérer de lutter pour expliquer le monde et le transformer. »

 Mémé, Yvonne, ces vers sont d’Eluard, je les ai trouvés en écrivant ces lignes pour toi.

Tu peux te reposer en paix, les valeurs de fraternité et de solidarité qui étaient en toi sont belles et bien vivantes.

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Jeudi 17 septembre 2009 4 17 /09 /2009 15:24

15 septembre 1982: le massacre de Sabra et Chatila



de Robert Fisk, grand reporter britannique (The Independent) spécialiste du Proche-Orient et du Liban en particulier.

A l'aube, le 15 septembre 1982, la Force Israélienne de Défense (Tsahal en hébreu) avait complètement encerclé les camps de Sabra et de Chatila au Liban, et contrôlé toutes les entrées et toutes les sorties par le biais de checkpoints. Tsahal occupait aussi un certain nombre de bâtiments à plusieurs étages comme des postes d'observation.



Le Ministre de la Défense Ariel Sharon et le Chef d'Etat-major Rafael Eitan avaient rencontré les unités miliciennes Phalangistes Libanaises, les invitant à entrer dans les camps de réfugiés de Sabra et Chatila. D'après le plan Israélien, les soldats Israéliens contrôleraient le périmètre autour des camps de réfugiés et apporteraient un soutien logistique pendant que les Phalangistes entreraient dans les camps, trouveraient les combattants de l'OLP et les livreraient aux forces Israéliennes.



Une heure plus tard, 1 500 miliciens se réunissaient à l'aéroport International de Beyrouth, occupé par Israël. Ils commençaient à se diriger vers les camps dans des jeeps fournies par Tsahal en suivant les ordres Israéliens sur la manière d'entrer dans les camps.

 

La première unité de 150 Phalangistes est entrée dans les camps à 6 heures. Une bataille s'ensuit que les Palestiniens eux-mêmes ont décrit comme un véritable peloton d'exécution pour les Palestiniens. Pendant la nuit, les Forces Israéliennes ont tiré des fusées éclairantes au-dessus des camps. Selon une infirmière Hollandaise, le camp était aussi éclairé « qu'un stade de football pendant un match ».



A 11 heures, un rapport était envoyé au QG de Tsahal à Beyrouth-Est, annonçant la mort de 300 personnes, parmi lesquelles des civils. Des rapports du même type se sont succédés tout au long de la nuit. Certains de ses rapports ont été transmis au gouvernement Israélien à Jérusalem et lus par un certain nombre de haut fonctionnaires Israéliens.

 

Pendant les 36 à 48 heures qui ont suivi, les Phalangistes ont massacré les habitants de Sabra et Chatila, pendant que les militaires Israéliens gardaient les sorties et continuaient à lancer des fusées éclairantes en pleine nuit.



Ce que nous avons trouvé dans le camp Palestinien à 10 heures du matin, le 16 septembre 1982, défie l'entendement, bien qu'il serait plus aisé d'en reparler dans la prose froide d'un examen médical. Il y avait eu des examens médicaux auparavant au Liban, mais rarement de cette ampleur et jamais supervisés par une armée régulière, soi-disant disciplinée. Dans la panique et la haine déchaînée par la guerre, des dizaines de milliers de personnes avaient été tuées dans ce pays. Mais ces gens, des centaines, ont été exécutés alors qu'ils étaient sans armes. C'était un massacre de masse, un événement – combien il est facile d'utiliser le mot “événement” au Liban – c'était aussi une atrocité. C'est allé bien plus loin que ce que les Israéliens auraient appelé, en d'autres circonstances, une action terroriste. C'était un crime de guerre.



Dans un premier temps nous étions incapables d'exprimer notre indignation. Bill Foley de l'AP était avec nous. Tout ce qu'il a pu dire alors qu'il visitait le camp, c'était “Jésus Christ” encore et encore. Nous aurions pu témoigner de quelques exécutions; même d'une dizaine de corps, tués dans le feu du combat. Mais il y avait dans les maisons des femmes étendues avec leurs jupes déchirées au niveau de la taille et leurs jambes écartées, des enfants aux gorges tranchées, des rangées de jeunes gens abattus dans le dos après avoir été alignés au mur d'exécution. Il y avait des bébés – des bébés tout noirs car ils avaient été tués 24 heures auparavant et que leurs petits corps étaient déjà en état de décomposition – jetés dans des dépotoirs à côté de boîtes de rations Américaines abandonnées, de matériel de guerre Israélien et de bouteilles de whisky vides.

 

Où étaient les meurtriers? Ou pour utiliser le vocabulaire des Israéliens, où étaient les « terroristes »? Quand nous sommes redescendus en voiture vers Chatila, nous avons vu les Israéliens tout en haut des appartements de l'avenue Camille Chamoun mais ils n'ont pas essayé de nous arrêter. En fait, nous avions été conduit en premier lieu au camp de Bourj al-Barajneh car quelqu'un nous avait dit qu'il y avait eu un massacre là-bas. Tout ce que nous avons vu, c'était un soldat Libanais poursuivant un voleur de voitures dans la rue. C'était seulement quand on a repris notre chemin et dépassé l'entrée de Chatila que Jenkins a décidé d'arrêter la voiture. « Je n'aime pas ça », a-t-il dit. « Où sont-ils tous? Quelle est cette p....n d'odeur ? »



Juste à l'entrée-sud du camp, il y avait un certain nombre de petites maisons, aux murs en béton. J'avais réalisé de nombreuses interviews dans ces taudis à la fin des années 1970. Quand nous avons traversé l'entrée boueuse de Chatila, nous avons remarqué que ces bâtiments avaient été complètement dynamités. Il y avait des caisses de cartouches tout au long de la route principale. J'ai vu plusieurs douilles de fusées éclairantes Israéliens, toujours attachées à leurs petits parachutes. Des nuages de mouches volaient autour des décombres, attaquant en essaim.

 

Dans une ruelle à notre droite, à pas plus de 50 mètres de l'entrée, s'entassait une pile de cadavres. Il y en avait plus d'une douzaine: des jeunes gens dont les bras et les jambes avait été entrelacés dans l'agonie de la mort. Tous avaient été abattus à bout-portant d'une balle dans la joue, arrachant complètement la chair jusqu'à l'oreille et entrant dans le cerveau. Certains avaient des plaies ouvertes ou des balafres noires autour de leurs gorges. Un d'entre eux avait été castré.



Les yeux de ces jeunes hommes étaient tout ouverts. Les plus jeunes avaient seulement 12 ou 13 ans. Ils étaient habillés en jeans et avec des T-shirts de couleur, le tissu collait de manière absurde à leur chair maintenant que leurs corps commençaient à gonfler dans la chaleur ambiante. Ils n'ont pas été volés. Sur un poignet noirci une montre Suisse indiquait l'heure exacte, la seconde main bougeant au rythme du tic-tac, en vain elle dépensait ainsi les dernières énergies de son propriétaire mort.



De l'autre côté de la route principale, en suivant des traces à travers les débris, nous avons trouvé les corps de cinq femmes et de plusieurs enfants. Les femmes étaient d'âge moyen et leurs cadavres étaient entassés sur une pile de gravats. Une était étendue sur le dos, sa robe toute déchirée et la tête d'une petite fille se dégageait derrière elle. La fille avait des cheveux bruns, courts et bouclés, ses yeux nous fixaient et elle fronçait les sourcils. Elle était morte.

 

Un autre enfant était couché sur la route comme une poupée désarticulée, sa robe blanche tâchée de boue et de poussière. Elle ne pouvait pas avoir plus de trois ans. Une des femmes tenait aussi un tout petit bébé sur son corps. La balle qui a traversé sa poitrine a aussi tué le bébé.

 

Alors que nous restions au même endroit, nous avons entendu un cri en Arabe venant des ruines, « Ils reviennent », criait un homme. Donc nous avons couru vers la route. Je pense, rétrospectivement, que c'était probablement la rage qui nous a empêché de partir, car nous attendions maintenant près de l'entrée du camp pour entrevoir les visages des hommes qui étaient responsables de tout cela. Ils avaient dû être envoyés ici avec permission Israélienne. Ils devaient être armés par les Israéliens. Leur ouvrage avait manifestement été suivi – minutieusement observé – par les Israéliens qui continuaient à nous surveiller à travers leurs jumelles.

 

Quand un meurtre devient une atrocité? Quand une atrocité devient un massacre? Ou, pour poser la question différemment, combien de meurtres font un massacre? Trente? Cent? Trois cent? Quand un massacre n'est-il pas un massacre? Quand les chiffres ne sont pas assez élevés? Ou quand le massacre est mené par les amis d'Israël plutôt que par les ennemis d'Israël?

 

Cela, je m'en doutais, était le véritable argument. Si les troupes Syriennes avaient traversé Israël, encerclé un Kibboutz et permis à leurs alliés Palestiniens de massacrer les habitants Juifs, aucune agence de presse Occidentale n'aurait perdu son temps après-coup à discuter pour savoir s'il fallait le considérer comme un massacre ou non.

 

Mais à Beyrouth, les victimes étaient des Palestiniens. Les coupables étaient certainement des miliciens Chrétiens – de quelle unité en particulier, nous n'en sommes toujours pas sûrs – mais les Israéliens étaient aussi coupables. Si les Israéliens n'avaient pas pris part aux massacres, ils avaient sans aucun doute envoyé la milice dans le camp. Ils les avaient entraîné, leur avaient donné des uniformes, des rations militaires américaines et du matériel médical Israélien. Ensuite ils ont observé les meurtriers dans les camps, ils leur apporté un soutien militaire – la Force Aérienne Israélienne a parachuté toutes ces fusées éclairantes pour aider les hommes qui étaient en train de massacrer les habitants de Sabra et Chatila – et ils ont établi des contacts militaires avec les meurtriers dans les camps.

 

Repris par le Parti Communiste d'Australie, dans le numéro du 16 septembre du Guardian

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

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Lundi 13 juillet 2009 1 13 /07 /2009 16:30








                                                     





Le vendredi 10 juillet, nous célèbrerons le 69ème anniversaire de l’appel du 10 juillet 1940, lancé par les dirigeants du Parti Communiste Français, Jacques Duclos et Maurice Thorez.

 

Cet appel intervenait quelques jours après celui du Général de Gaulle et le jour même où le parlement fantoche de la France servile accordait les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain. Il a été un acte de résistance de premier ordre qui n’a cessé de s’amplifier jusqu’à la Libération complète de la France dont l’indépendance était l’affirmation phare de l’appel du 10 juillet.

 

La section du Parti Communiste Français commémorera comme chaque année cet appel, qui prend aujourd’hui un sens renouvelé. En effet, les attaques libérales contre les fondements de notre république se multiplient au mépris des volontés populaires. Ce qui a été acquis de haute lutte - les droits et les libertés élémentaires - est remis en cause. Les besoins et les aspirations légitimes pour une vie digne qu’ils soient collectifs ou individuels sont ignorés. L’Europe, cette belle idée de fraternité entre les peuples, est aujourd’hui laissée aux mains de marchands et de leurs représentants qui refusent d’entendre la voix des citoyens.

 

Comme à d’autres moments de notre histoire, avec de nouveaux enjeux, nous sommes collectivement confrontés à choisir entre la liberté ou la servitude. En ce sens, l’appel du 10 juillet est une éclaircie d’espoir qui nous vient du passé. Le commémorer est un acte de résistance.

 

Retrouvons-nous ensemble :

 

Le vendredi

 10 juillet 2009 à 18 h

Devant la plaque à la mémoire de Jacques Duclos à Croix-de-Chavaux

 

La commémoration sera suivie d’un pot fraternel à la section du PCF (10 rue Victor Hugo)

 


 


 

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